1.     Différents types d’absorption

a.     Absorption par diffusion passive

Elle concerne le passage d’une substance pharmaceutique à travers une membrane cellulaire d’une zone de concentration élevée en médicament, comme le tractus gastro-intestinal, à une zone de concentration faible en médicament, comme dans le sang. Le franchissement s’effectue grâce à des solutions de continuité, les « pores », déhiscences intercellulaires surtout, ou chenaux dans l’épaisseur de la paroi cellulaire. Ils sont traversés par les liquides aqueux biologiques et par les substances qui y sont dissoutes (dont les médicaments hydrosolubles) à condition qu’elles ne soient pas trop volumineuses (poids moléculaire inférieur à 64 000 dans le premier cas, à 100 dans le second).

b.     Absorption par diffusion facilitée

Le médicament se lie spécifiquement sur la première face de la barrière, avec une molécule appelée « transporteur ». Le complexe médicament - transporteur traverse la barrière et se dissocie au niveau de la seconde face. Le médicament est libéré dans le second espace et le transporteur peut être réutilisé. C’est un mécanisme passif, n’utilisant pas d’énergie et fonctionnant dans le sens d’un gradient de concentrations jusqu’à égalisation de celles-ci. Le transporteur est saturable. Plusieurs substances utilisant le même transporteur peuvent entrer en compétition.

c.      Absorption par transport actif

Le médicament franchit la barrière grâce à un système spécifique comportant un ou plusieurs transporteurs. C’est un mécanisme actif (il y a une dépense d’énergie, fournie habituellement par l’ATP), saturable, sensible aux inhibiteurs métaboliques. Il peut fonctionner contre un gradient de concentration.

Exemple : Certains acides aminés de l’alimentation entre en compétition avec LEVODOPA ‘’antiparkinsonien’’ et entraine la diminution de résorption de ce dernier.

d.     Absorption par pinocytose

Phénomène cellulaire analogue à la phagocytose, la pinocytose concerne des flaques liquidiennes qui sont englobées par une invagination de la membrane, puis forment une vacuole, finalement digérée en libérant son contenu dans le cytoplasme. L’importance de ce mécanisme est faible pour les médicaments. Il concerne des molécules de poids moléculaire élevé.

2.     Les facteurs influençant l’absorption

  • Les propriétés physico-chimiques : liposolubilité (coefficient de partage, Log P), son degré d'ionisation (constante d'ionisation, pKa), taille (masse moléculaire) ;
  • a forme galénique du médicament : la vitesse de libération du principe actif et le lieu de la résorption dépendent de la forme galénique (comprimés à libération prolongée, gastrorésistants...) ;
  • l’activité enzymatique des entérocytes et des hépatocytes et des systèmes transporteurs entérocytaires (interactions médicamenteuses éventuelles) ;
  • le patient lui-même avec tous les facteurs affectant le pH gastrique, la vidange gastrique et la motilité intestinale, que ces facteurs soient physiologiques (âge, alimentation…), pathologiques (digestives ou hémodynamiques) ou médicamenteux.

3. Evaluation de la résorption 

Ø  La biodisponibilité

La biodisponibilité se définit comme la fraction de la dose administrée ou du principe actif libéré par la forme pharmaceutique qui parvient sous forme inchangée dans la circulation sanguine systémique et la vitesse à laquelle se réalise ce processus. Lorsque l’administration se fait par voie intraveineuse, aucun doute sur la quantité de médicament n’ayant atteint la circulation sanguine : on dit que la biodisponibilité est de 100%.

La biodisponibilité d’un médicament (F) peut se calculer simplement par comparaison de l’aire sous la courbe (ASC) des concentrations plasmatiques en fonction du temps obtenue par la voie d’administration considérée par rapport à l’ASC obtenue avec une administration IV. Elle se détermine en comparant la quantité de médicament atteignant le plasma par deux voies différentes. L’une, la voie concernée et l'autre la voie intraveineuse.

                                         F= dose IV * ASC orale / dose orale * ASC IV

Ø  Le facteur vitesse d’absorption

La vitesse à laquelle le médicament est résorbé est également un paramètre important de l’absorption pour toutes les voies d’administration autres que la voie intra-veineuse. En effet, de cette vitesse dépendra le délai d’apparition des effets des médicaments qu’il s’agisse des effets thérapeutiques ou indésirables. Le paramètre permettant d'évaluer la vitesse de l'absorption est le Tmax, c'est à dire le temps nécessaire pour atteindre la concentration sanguine maximale (Cmax).