Enseigner avec les IAG
| Site: | Appui à la Professionnalisation de l’Enseignement Supérieur au Tchad |
| Cours: | Intelligences artificielles génératives - Cours d’Émilie Leroy, ENS Lyon |
| Livre: | Enseigner avec les IAG |
| Imprimé par: | Visiteur anonyme |
| Date: | lundi 16 mars 2026, 03:06 |

Lorsque l’on pense aux utilisations des IAG en enseignement supérieur, la première chose qui vient à l’esprit est l’utilisation que les étudiants peuvent en faire, notamment pour s’aider dans la rédaction de devoirs, mais il est aussi possible pour les enseignants de s’en servir comme un outil qui peut aider à la pratique enseignante. Nous allons voir ici différentes façons d’utiliser les IAG, afin de vous donner des exemples et des pistes pour vous approprier ces outils. Le but ici est à la fois de vous montrer dans quelles situations on peut décider d'utiliser un outil d'IAG, mais aussi comment l'utiliser le plus efficacement possible, en décortiquant la façon dont on rédige les prompts afin d'obtenir des résultats les plus adaptés au besoin.

Nous vous conseillons de parcourir les deux premiers modules de ce dossier "Les IAG : qu'est-ce que c'est ?" et "Limites, risques et bonnes pratiques" avant de suivre celui-ci. En effet, il est essentiel de bien comprendre comment fonctionnent les IAG avant de se décider à les utiliser, et il est important de garder en tête que les résultats générés par les IAG peuvent être biaisés et ne sont pas fiables à 100%.
Tout au long de ce module, nous allons utiliser un exemple pour illustrer les possibilités d’utilisation des IAG. Dans cet exemple, nous simulerons le rôle d’un enseignant en Histoire qui prépare un cours sur la révolution industrielle destiné à des étudiants de niveau licence. Grâce à cela, nous allons voir comment utiliser les IAG pour aider dans la préparation du cours, mais aussi soutenir l’accompagnement des étudiants.

Attention : les exemples d'utilisation sont volontairement simplifiés et ne servent que d'illustration. Dans vos domaines d'enseignement respectifs, il est évidemment possible d'aller plus loin en utilisant notamment les spécificités inhérentes à vos propres cours. Pour les besoins de ces exemples, nous avons utilisé ChatGPT, ainsi que NotebookLM qui se base sur une RAG pour contextualiser ses réponses. Pour alimenter cette RAG, nous avons utilisé un ensemble de données (issues de documents, images, articles scientifiques, vidéos, ressources éducatives libres) trouvé en ligne et soit libres de droits, soit sous une licence Creative Commons permettant la réutilisation et la modification. Des erreurs et approximations sur les contenus générés peuvent donc exister, il ne s’agit en aucun cas de matériels pédagogiques réutilisables en l’état.

Utiliser les IAG dans ses cours, que ce soit dans leur préparation, leur déroulement ou l’évaluation des étudiants n’est évidemment pas automatique. Comme nous l'avons vu dans les modules précédents, utiliser des IAG a des incidences écologiques et sociales fortes, et la multiplication des incitations à se saisir de ces outils peut revêtir un caractère obligatoire, mais ce n'est évidemment pas le cas.
Avant d’utiliser un outil d’IAG dans votre enseignement, vous pouvez vous poser quelques questions qui peuvent vous aider dans la prise de décision, en vous permettant d'évaluer, dans le contexte où vous vous situez, si utiliser un outil d'IAG "vaut le coup".
En se basant sur la grille complète créé par Alexandra Lez de l'Université de Sherbrooke, nous avons regroupé ici 6 catégories de questions à se poser presque systématiquement avant de choiosir d'utiliser les IAG. En fonction des réponses que vous formulez, cela vous permet d'évaluer la pertinence d'une telle utilisation.

Il est possible d'utiliser les IAG pour s'aider dans la préparation de son cours : assistance à la création du plan et du cheminement pédagogique du cours, aide à la recherche et la synthèse documentaire, création de supports diversifiés pour les cours, simulation de retours d'étudiants pour améliorer les cours, ...etc.
Nous allons vous présenter ici quelques idées d'utilisations concrètes des IAG, en vous proposant des prompts afin que vous puissiez en tirer rapidement le meilleur parti pour vos propres cours. Ces exemples ne sont pas exhaustifs mais vous permettront d'avoir une première approche de ce que les IAG peuvent vous aider à faire dans votre pratique enseignante quotidienne.


À partir d’un thème, d'un contexte et d'objectifs pédagogiques globaux, vous pouvez demander aux IAG de générer une première trame en fonction de votre calendrier. Elles peuvent aussi vous permettre d’assurer une meilleure cohérence entre les objectifs, les activités et les modes d’évaluation, en reformulant les objectifs pédagogiques selon la taxonomie de Bloom. Enfin, les IAG peuvent vous aider à croiser les regards disciplinaires : on peut leur demander comment un sociologue, un économiste ou un historien aborderaient un même sujet, afin d’enrichir la perspective du cours.
Votre prompt de base devra comporter des éléments essentiels (on peut demander uniquement « Génère moi un plan de cours sur la Révolution industrielle » mais le résultat n’apportera rien s’il s’agit d’un sujet que vous maîtrisez déjà). Un « bon » prompt devra contenir :
- Identité et Contexte
Il faudra préciser le rôle que doit jouer l’outil dans la réponse qu’il doit générer : « Tu es un professeur d’histoire dans l’enseignement supérieur et un expert en conception pédagogique », ainsi que le contexte dans lequel va s’appliquer votre demande « pour des étudiants de troisième année de licence (L3). ».
- Action
Il faut formuler une demande , c’est-à-dire dans ce cas qu’il faut demander à générer un plan de cours sur un sujet, soit en donnant un thème, soit en étant plus précis, en fonction de votre besoin. Ici le thème est resté large : « Crée-moi un plan de cours complet pour un cours intitulé "La révolution industrielle." ».
- Objectifs d’apprentissage clairs
Un simple thème ne vous donnera qu’un plan générique et souvent peu adapté à votre propre besoin. Préciser des objectifs globaux pour votre cours permettra à l’IAG de générer un plan en adéquation avec vos attentes : « Les étudiants doivent être capables d’analyser les transformations économiques, sociales et technologiques de la Révolution industrielle et de construire des arguments historiographiques à partir de sources primaires. ».
- Intentionnalité pédagogique
Les outils IAG véhiculent des biais pédagogiques forts, hérités des banques de données qu’ils utilisent. Ces biais pédagogiques ont tendance à privilégier des formats de cours transmissifs, centrés sur l’enseignant et pas sur l’agentivité des étudiants. Préciser le type de pédagogie recherché vous permettra de générer d’emblée un plan de cours qui est en accord avec les méthodes pédagogiques que vous privilégiez d’habitude, et vous permettra d’obtenir des résultats qui reflètent votre manière d’enseigner : « Pour chaque séance, propose des activités qui favorisent l’engagement actif, l’autonomie et le dialogue entre étudiants, et explique pourquoi ces activités sont choisies. ».
- Structure attendue
Pour être utilisable, le plan de cours généré doit être calqué sur votre propre calendrier de cours : il faut préciser le nombre de séances, le temps qu’elles durent, et demander de détailler le déroulement de chaque séance ainsi que le lien entre les différents temps d’enseignement : « Pour chacune des 12 séances de 2h, indique d’abord un résumé de quelques phrases du contenu de la séance puis : 1) objectifs d’apprentissage, 2) notions et concepts clés, 3) activités pédagogiques actives, 4) modalités d’évaluation formative, 5) justification de l’organisation de la séance. ».
- Alignement pédagogique
Il faut veiller à demander à l’IAG de maintenir une progression claire et justifiée du programme de cours, c’est-à-dire que les objectifs pédagogiques de chaque séance doivent tendre logiquement vers les objectifs généraux, et que les méthodes utilisées doivent avoir une cohérence avec la réalisation de ces objectifs : « Assure-toi que chaque séance s’appuie sur les précédentes et prépare les suivantes, en respectant la progression conceptuelle et méthodologique. Justifie chaque idée d’activité avec les objectifs de la séance et les objectifs globaux du cours. »
- Format de sortie
Enfin, pour faciliter l’utilisation du plan généré, choisissez le style de réponse que l’IAG doit vous fournir : une synthèse, un document détaillé, un tableau, …etc. N’hésitez pas à le forcer à utiliser un style ou à bloquer certains « tics » de langage (notamment l’utilisation d’emojis ou l’utilisation massive des listes à puces) : « Je veux un format de sortie en plan détaillé par séance + une introduction sur le déroulement général du cours, je ne veux pas de listes à puces et pas d’emojis, et je veux ensuite un résumé plus concis de tout le plan. ».

Vous pouvez utiliser les IAG pour vous aider à faire un état de l’art de la recherche pour créer une bibliographie cohérente avec vos objectifs pédagogiques, et leur faire générer des résumés facilement accessibles de documentations scientifiques.

Attention, les IAG sont réputées pour avoir une forte propension à halluciner des résultats lors de la génération de bibliographie (soit en inventant complétement un ouvrage ou un article, soit en se trompant dans le titre, l'auteur ou la référence), ou bien de renvoyer vers des liens internets sans rapports ou inexploitables (liens vers des articles payants ou vers des publicités pour des magazines).
Il faut donc vérifier soigneusement les références données avant de les partager, et il existe là encore des techniques de prompt pour tenter d'éviter les erreurs.
- Identité et Contexte
Il faut commencer par donner un rôle à l’outil, tout en étant assez précis sur le thème de la recherche : « Tu es un professeur d’histoire et expert en bibliographie académique. Crée-moi une bibliographie ciblée sur la Révolution industrielle en Europe (XVIIIe‑XIXe siècles), destinée à des étudiants de L3, avec un focus sur les transformations économiques, sociales, technologiques et les débats historiographiques.»
- Types de sources
En fonction de votre besoin et des ressources des étudiants (accès à une bibliothèque universitaire spécialisée dans le domaine par exemple), vous allez devoir préciser ce que vous cherchez (livres, articles scientifiques en accès libre, langue(s) des supports, liens web, podcasts, vidéos, …etc.), ainsi que le nombre d’occurrences que vous voulez récupérer : « Je souhaite 5 livres en français ou en anglais (synthèses ou monographies spécialisées), 5 articles scientifiques en français ou en anglais publiés dans des revues académiques reconnues en accès libre et 5 liens web académiques ou institutionnels offrant des informations validées. »
- Période de publication et angle d’approche
Si vous souhaitez par exemple que vos étudiants ne travaillent que sur des sources bibliographiques récentes, vous pouvez préciser dans le prompt une date au-delà de laquelle il ne faut pas aller. De plus, vous pouvez aussi préciser plus finement l’angle d’approche, par exemple pour un cours spécifique du programme : « Je cherche en priorité des références dont la première publication a eu lieu après 2010, et qui portent principalement sur l’industrialisation britannique et ses conséquences sociales et économiques. »
- Critères de sélection
Vous pouvez également ajouter des critères pour réduire encore le choix et optimiser la bibliographie qui va être générée, par exemple en limitant les ouvrages à certaines maisons d’édition ou en obligeant à chercher des articles écrits par des universitaires : « Priorise les contenus publiés par des universitaires reconnus dans le domaine. »
- Vérification de l’existence et sources
Vous devez obliger l’IAG à vérifier l’existence des ouvrages qu’elle va générer, et également à vous fournir des liens vers ces ressources : « Vérifie obligatoirement l’existence réelle et les références que tu génères, et donne systématiquement un lien d’accès soit vers la ressource en elle-même, soit vers le site de l’éditeur de l’ouvrage si c’est un livre. »
- Objectif
Vous pouvez, si c’est nécessaire, préciser l’objectif de cette bibliographie, afin de restreindre au maximum la liste à des ouvrages qui seront utiles aux étudiants : « Assure-toi que les références soient pertinentes pour un cours de L3, favorisent la compréhension des transformations économiques et sociales, intègrent des points de vue historiographiques variés, et permettent aux étudiants de mobiliser des sources fiables pour analyse critique et argumentation. Explique pour chaque référence pourquoi tu l’as choisie. »
- Format
Enfin, vous pouvez, si vous le souhaitez, demander un format de sortie particulier (classement par type, par thème, par ordre de priorité, etc.) : « Classe les références par type, donne toutes les références en suivant la norme APA avec : auteur(s), année, titre, éditeur ou revue, volume/numéro/pages pour les articles. »
Même en prenant toutes ces précautions et en orientant la recherche au maximum, on peut voir dans l'exemple que la bibliographie est inexploitable en partie en l'état, les liens web notamment sont presque tous inutiles : soit ils renvoient vers un texte déjà cité plus haut, soit ils renvoient vers des pages inexistantes, soit vers des pages sans réel intérêt pour le sujet traité.

Les étudiants n’ayant pas forcément le temps de lire tous les ouvrages ou tous les articles que vous leur proposez, vous pouvez, en complément d’une bibliographie, leur proposer des résumés et des synthèses pour tout ou partie d’entre eux. L’objectif peut être double : soit il peut simplement donner envie à l’étudiant d’aller lire la source complète, soit il permet à l’étudiant d’avoir une vision globale des points importants sans avoir à lire lui-même la référence en entier.
Si cela peut vous paraître un peu « de la triche » (vous les avez bien lus, vous, ces articles), il faut savoir qu’une grande partie des étudiants fera ce résumé lui-même si vous ne lui proposez pas. En réalisant la synthèse vous-même via un outil d’IAG, vous pouvez vous assurer que les notions essentielles sont bien apparentes et que l’essence du propos est respectée dans le résumé. Une précaution néanmoins : vérifiez bien que l’article ou l’ouvrage que vous faites résumer par une IAG est accessible en ligne, ne donnez pas des articles « privés » aux IAG.
- Identité et Contexte
Il faut en premier lieu donner un rôle de spécialiste à l’IAG, et redonner du contexte pour que le résultat généré s’adapte à la situation : « Tu es un spécialiste de lecture critique d’articles scientifiques. Résume le texte suivant pour qu’il soit compréhensible et adapté à des étudiants de Licence 3 en Histoire ».
- Rappel des limites
Il faut obliger l’IAG à se baser uniquement sur le texte que l’on veut résumer, sans utiliser de sources extérieures (afin de ne pas polluer le résumé) : « Base-toi exclusivement sur le texte fourni et n’ajoute aucune information extérieure, même si elle te semble évidente. »
- Éléments obligatoires à extraire
Pour orienter la façon dont le résumé va être généré, vous pouvez obliger l’IAG à faire apparaître certaines informations essentielles du texte original (questions principale, méthodologie, limites, résultats, données utilisées, …etc.) : « Je veux un résumé analytique contenant obligatoirement : l’objectif de l’article, l’arrière-plan conceptuel, la méthodologie utilisée (type de données, période, outils), les résultats principaux, les limites de l’étude identifiées par les auteurs, la contribution générale de l’article au champ de recherche. »
- Analyse rapide
En complément, vous pouvez également demander à l’IAG de générer une première analyse, notamment en lui demandant d’expliciter ce qu’elle n’a pas trouvé dans le texte : « Indique explicitement ce que l’article ne précise pas ou ce qui reste ambigu dans le texte fourni. »
- Format de sortie
Enfin, vous devez préciser quel type de format vous voulez pour votre résumé (nombre de mots, 5 points essentiels, liste rapide, type de rédaction, …) : « Présente le résumé sous la forme d’un texte clair et structuré de 350-400 mots maximum, sans liste à puces et sans emojis, en paraphrasant le texte original sans citation. »

Lors de la préparation d’un cours, la création des supports que vous allez utiliser peut être une partie extrêmement chronophage, notamment si vous voulez diversifier les supports pour qu’ils s’adaptent à tous les étudiants : présentations powerpoint, schémas, exemples, recherche ou création d’images d’illustration pertinentes, …
Dans l’optique de gagner du temps, voire de présenter vos cours d’une façon nouvelle, vous pouvez vous aider des IAG afin de leur demander de produire des documents de base que vous pourrez ensuite compléter, vérifier, modifier. Attention : si les iAG peuvent s'avérer pertinentes dans la création de fiches, de présentation powerpoint ou de tableaux, elles sont en revanche bien moins performantes lorsqu'il s'agit de créer une image reprenant vos données de référence (perte d'information, chiffres et texte approximatifs, etc.) : il est donc conseillé de réserver la création d'images à des fins uniquement d'illustration.
- Identité et Contexte
Pour ce prompt, veillez à donner à l’IAG un rôle de concepteur de supports pédagogiques, et à préciser la cible des supports (niveau des étudiants par exemple) : « Tu es un expert en pédagogie universitaire et en design de supports de cours. Crée un support pédagogique clair et adapté à des étudiants de Licence 3 en Histoire. »
- Action
Soyez précis dans ce que vous recherchez, cela vous permettra d’atteindre votre but le plus rapidement possible. Ici dans l’exemple, on demande à l’IAG de créer des slides pour une présentation powerpoint à partir d’un document en ligne, et on demande aussi de proposer (sans les générer) des visuels qui pourraient accompagner les slides. Ici encore, on oblige l’IAG à se restreindre aux informations du texte fourni pour s’assurer qu’elle n’ira pas chercher des données ailleurs : « Le support doit reprendre exclusivement les informations du texte que je fournis, sans ajouter d’éléments extérieurs. »
- Format
Précisez bien à l’IAG sous quelle forme vous souhaitez obtenir vos supports. Ici, par exemple, on demande une liste à puces pour chaque slide, afin d’éviter d’avoir une génération de longues phrases ou paragraphes peu adaptés au format de présentation par diapositives : « Chaque slide comportera des éléments essentiels du texte et sera présentée sous forme de liste à puces. »
Une fois votre cours préparé,
vous pouvez demander aux IAG de se comporter, en miroir des premiers prompts,
comme un étudiant de licence. Vous pouvez alors lui demander de vous poser des
questions sur le cours comme le ferait un étudiant, ou les points qu’il
comprend le moins bien et ce qui le bloque. Avec ces retours, vous pouvez faire
générer aux IAG une Foire aux questions à insérer dans votre cours par exemple,
ou reprendre certaines parties qui peuvent être identifiées comme
potentiellement source d’ambiguïté.
- Identité et Contexte
Il est important de demander à l’IAG de se comporter comme un étudiant, en choisissant quel « niveau » il doit avoir (dans le cursus et personnellement). Pour un résultat général, ici on a choisi de prendre un profil moyen, motivé et plutôt assidu, et on redonne à l’IAG le contexte (cours donné, éléments de cours si nécessaire) : « Tu incarnes un étudiant de troisième année de licence, de niveau moyen mais motivé. Tu as assisté à toutes les séances en présentiel du cours sur la Révolution industrielle, construites selon le plan détaillé ci-dessus et comportant les cours en pièce jointe. »
- Anticipations des interactions
En demandant à l’IAG de lister ce qui lui reste à comprendre en tant qu’étudiant moyen, on peut repérer les points bloquants, les ambiguïtés restantes, et lutter contre le « syndrome de l’expert », qui peut apparaître quand on maîtrise tellement un sujet qu’on peut oublier que certaines notions de bases ne sont pas connues par les autres. En précisant de rester dans le profil, on élimine au maximum les remarques trop générales : « Liste les points du cours que tu n’as pas totalement compris, les notions ou mécanismes qui restent flous, ainsi que les confusions possibles. Donne uniquement des questions réalistes pour un étudiant de ton profil. »
- Retours sur le cours
Ici, on va chercher à repérer les points forts et les points faibles du déroulement du cours, les aspects les plus aboutis et les séquences de cours les plus attractives, en regard des parties les moins bien structurées ou trop compliquées. Cela peut servir de base pour modifier le rythme général des cours ou l’enchaînement des séquences : « Ce que tu as trouvé clair, utile ou motivant. Ce qui t’a semblé moins bien structuré, trop rapide ou trop dense. »
- Suggestions d’amélioration
Après le constat, cette partie pourra vous orienter vers des pistes de changements, de précision ou d’amélioration pour fluidifier le cours ou repréciser certaines parties. Cela peut aussi vous amener à ajouter des contenus sous différentes formes pour aider un maximum d’étudiants à comprendre votre cours : « Ce qui aurait pu être ajouté ou mieux expliqué pour t’aider à comprendre. Précise à quel moment du semestre cela aurait été le plus pertinent. »
-
En plus de la préparation du cours, vous pouvez utiliser les IAG pour vous aider dans l'accompagnement des étudiants tout au long de l'année. En se servant d'une IAG comme d'un relecteur ou d'un générateur de contenus de synthèse, vous pourrez affiner et enrichir vos contenus de cours pour adapter le plus finement possible votre enseignements au public concerné, et vous pourrez fournir à vos étudiants du matériel de révision adapté et consolidé afin de les aider dans leur apprentissage.

Vous pouvez utiliser les IAG comme outil de vérification et d’ajustement pédagogique de votre propre cours, en les mobilisant pour tester sa compréhensibilité réelle du point de vue étudiant. Concrètement, l’IAG permet de rejouer plusieurs lectures possibles d’un même support (polycopié, diaporama, consignes de devoir), en identifiant les implicites, les enchaînements peu clairs ou le lexique inutilement opaque. En demandant à l’IAG de reformuler un extrait « comme le comprendrait un étudiant de telle année », vous obtenez un retour immédiat sur la lisibilité pédagogique de votre cours. Cela peut aussi vous permettre de créer un glossaire, par exemple en demandant aux IAG de repérer les concepts ou notions qui ne sont pas expliquées ailleurs dans le cours.
Cette reformulation ne vise pas à remplacer la voix de l’enseignant, mais à l’aider à clarifier les intentions d’apprentissage, hiérarchiser les idées et expliciter les transitions, tout en conservant la rigueur conceptuelle. Utilisée ainsi, l’IAG fonctionne comme un lecteur naïf simulé, qui soutient un travail réflexif sur l’enseignement et contribue à réduire les malentendus avant même que les étudiants n’y soient confrontés.De plus, vous pouvez utiliser ce moyen pour réadapter votre cours à des niveaux différents, par exemple utiliser un cours à destination d'étudiants en master et le reformuler pour l'adapter à des étudiants de L3, mais également vérifier qu'il est adapté à des étudiants dont la langue d'enseignement n'est pas la langue maternelle (soit des étudiants étrangers, soit un cours donné en anglais à des étudiants français).
- Identité et Contexte
- Action
- Éléments attendus
Vous pouvez utiliser les IAG comme outil d’aide à la préparation du matériel de révision, afin de transformer votre cours en supports utiles pour s’entraîner, sans refaire tout le travail manuellement. Ainsi, les IAG permettent de générer rapidement des synthèses structurées ou des exercices d’auto-évaluation à partir du contenu du cours. L’enseignant garde la maîtrise des objectifs (ce qui est important, ce qui est attendu à l’examen, le niveau de difficulté), et l’IAG l’aide à décliner ces attentes sous différentes formes. Bien utilisées, les IAG peuvent servir à rendre les priorités du cours plus visibles pour les étudiants, à varier les formats de révision et à proposer des entraînements accompagnés de corrections explicites, favorisant ainsi un travail plus autonome et plus efficace.
Par exemple, vous pouvez vous aider des IAG pour générer des synthèses de cours qui ne seraient pas de simples résumés du cours mais des fiches structurées, à la fois autour des notions essentielles et du rappel des attendus pour la validation du cours, mais aussi qui pointerait les erreurs fréquentes qui sont faites généralement par les étudiants (confondre deux notions, oublier de prendre en compte le contexte, etc.) ou qui proposerait un plan de révision complet couplé à des évaluations formatives.
- Identité et Contexte
- Action
- Contraintes
- Format

Nous avons listé dans ce modules des cas d'usages concrets dans l'utilisation des IAG pour aider à la conception et à l'accompagnement lors de vos enseignements. Évidemment, cette liste n'est pas exhaustive, et il existe un nombre "infini" dans les possibilités : créer des supports sous des formats diversifiés pour atteindre le plus d'étudiants possibles, modifier son cours pour l'adapter à une modalité particulière (un cours donné en distanciel par exemple), créer un syllabus de son cours, etc. Cette liste pourra donc évoluer avec le temps (ou avec vos retours d'expérience), mais permet déjà de vous donner quelques pistes si vous souhaitez intégrer l'utilisation (raisonnée) des IAG dans vos pratiques enseignantes.
Dans le prochain (et dernier) module, nous allons nous pencher sur l'évaluation à l'ère des IAG, aussi bien sur la façon d'utiliser les IAG pour aider à créer des évaluations mais aussi sur les manières d'intégrer (ou pas) les IAG dans le processus d'évaluation des étudiants.
