Pourquoi un outil de création de contenus dédié à l’Afrique
Les outils numériques pour l’éducation et la formation constituent en principe une solution particulièrement adaptée aux pays africains dont la population est jeune mais qui manquent d’établissements scolaires et universitaires, de manuels et d’enseignants.
Néanmoins ils se heurtent au manque de contenus numériques, sachant que leurs créations requièrent beaucoup de temps et l’utilisation d’outils souvent complexes.
Si on regarde les composants d’un projet numérique pour l’éducation ou la formation on trouve :
- Des contenus dont la mise à disposition aux enseignants et aux élèves est l’objet même du projet,
- Une plateforme de service destinée à mettre ces contenus à disposition,
- Des terminaux pour se connecter à la plateforme,
- L’accompagnement des utilisateurs lequel consiste en général en une formation initiale puis un support.
Or,
- La plateforme peut s’installer en quelques jours.
- Les terminaux sont soit déjà disponibles comme c’est le cas des smartphones, soit achetés dans le cadre du projet.
- La formation se planifie et se fait sur quelques jours.
- Mais bien souvent, il n’y a pas ou peu de contenus, lorsqu’il y en a leur format est souvent peu adapté au contexte, et créer des contenus en qualité et quantité suffisante prend beaucoup de temps : des mois, voire des années. Or sans contenus, tout le reste ne sert pas à grand-chose.
Les contenus constituent donc souvent le point critique d’un projet numérique pour la formation ou l’éducation. Ils sont surtout critiques dans les pays en développement comme les pays africains. En effet, le manque de connectivité et de terminaux a été tel pendant des années qu’il que la création de contenus pédagogiques a été sans intérêt. Aujourd’hui les réseaux mobiles se sont développés, et une grande partie de la population dispose d’un smartphone qui constitue un terminal tout à fait acceptable pour apprendre et se former. Mais il y a trop peu de contenus, et quand les contenus existent c’est bien souvent sous forme de fichiers PDF difficilement lisibles sur smartphone et dont les qualités pédagogiques sont faibles.
Pourquoi faire appel à l’Intelligence Artificielle
La principale force de l’Intelligence Artificielle (IA) réside dans le traitement des contenus. L’IA est capable d’effectuer un très grand nombre de traitements sur un très grand nombre de contenus et de façon très rapide.
Il serait donc légitime de se dire que l’usage de l’IA est très adapté pour la création de contenus pédagogiques destinés à un usage précis à partir de contenus bruts. Et c’est effectivement le cas.
Prenons un exemple pour l’illustrer : l’IA est capable de lire un cours PDF de 50 pages, de le convertir en mini site Web qui sera bien plus agréable à lire sur smartphone que le fichier PDF, d’en faire un résumé sur 4 pages, d’en générer un Podcast qui pourra être écouté par des étudiants quand ils sont dans les transports, de générer des questionnaires interactifs et auto-corrigés pour aider les étudiants à bien mémoriser le cours.
C’est ce qui a donné naissance à l’outil MAIA, qui signifie Médiatisation Assistée par IA.
Pourquoi un outil si c’est l’IA qui fait tout
L’IA est capable de faire beaucoup, notamment de créer des contenus pédagogiques qui correspondent aux besoins. Mais comme dans les autres domaines d’application de l’IA, cela suppose qu’on lui donne des directives très précises. Une directive donnée à une IA s’appelle un Prompt, c’est un terme dont il faudra se rappeler. Si le prompt n’est pas précis, l’IA est capable de répondre à côté, voire de dire n’importe quoi.
Par ailleurs, certains contenus pédagogiques nécessitent d’avoir un format bien précis car ils seront mis à disposition sur des plateformes de formation. L’outil sera capable de demander à l’IA quelque chose qui lui permettra de créer un contenu final qui a exactement le bon format. Un exemple pour ceux qui connaissent déjà les technologies utilisées : l’IA renverra à l’outil un fichier json, puis l’outil utilisera ce fichier pour créer un fichier h5P.
Et enfin, le troisième intérêt de l’outil est son interface, appelée IHM, qui permet d’effectuer toutes les opérations requises en quelques Glisser / Déposer et quelques clics.
Pourquoi ce sont bien les cours de l’enseignant et non les cours de l’IA
Les cours générés par un outil s’appuyant sur l’IA sont bien les cours de l’enseignant qui a utilisé l’outil et non les cours de l’IA. C’est justement parce que l’outil cadre fortement l’IA en lui envoyant des prompts très précis, que le résultat fourni par l’IA ne sera qu’une remise en forme des contenus bruts fournis par l’enseignant.
À l’inverse, une utilisation en direct de l’IA fait prendre le risque que l’IA invente des choses ne correspondant pas à ce que voulait l’enseignant.
Notons néanmoins que :
- Plus la quantité de contenus bruts fournis par l’enseignant est importante, plus le résultat généré par l’outil sera fidèle à ces contenus, car c’est souvent par manque d’informations fournies en entrée que l’IA recherche d’autres sources d’informations en dehors de ce qui lui a été fourni.
- Il est toujours impératif que l’enseignant relise ce qui a été produit par l’outil, et sache faire d’éventuelles corrections.
MAIA, un Logiciel libre basé sur Caramel
L’outil MAIA a été développé par la société ARIAE dans le cadre du projet APES-Tchad mené conjointement par le ministère de l’enseignement supérieur tchadien et l’ambassade de France au Tchad.
L’outil MAIA a été développé à partir d’un autre outil, appelé Caramel, qui a été développé par deux enseignants français, Gauthier REMANDE et Emmanuel GAUNARD, logiciel libre hébergé sur la plateforme du Ministère de l’Éducation Nationale français appelée « La Forge des communs numériques éducatifs ».
MAIA est également un logiciel libre, ses sources sont également hébergées sur « La Forge des communs numériques éducatifs ».
Ce qui a incité à créer un outil qui soit une évolution de Caramel c’est la nécessité d’ajouter des fonctionnalités qui paraissaient essentielles pour le Tchad et plus généralement pour l’Afrique, notamment :
- La création de formats de cours optimisés pour les smartphones qui sont les seuls terminaux de la plupart des étudiants.
- La simplification extrême de la scénarisation et de l’installation de cours Moodle.