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Interview avec Abdelmoumine Akouna - ONG Moustakbal

Informations sur l'interviewé

Nom et Prénom : ABDELMOUMINE AKOUNA

Institution : ONG MOUSTAKBAL

Fonction : Coordinateur terrain par intérim

Ville : Ati, Tchad

Contexte de l'ONG Moustakbal

OK, c'est bon. Comme je le disais tantôt, notre ONG porte le nom de Moustakbal, qui signifie en arabe. Il s'agit d'une ONG nationale dont le siège se situe au niveau du Mongo. Elle est actuellement implantée dans cinq provinces : le Batha, le Chari-Baguirmi, le Sahraoui, le Chari et le Hadjer-Lamis. Plus précisément, nous avons des bases à Gourbali, à Hager, à Massakory et à Massari. Nous avons également une sous-base dans le Moyen-Chari.
C'est une ONG qui intervient dans plusieurs thématiques et secteurs, notamment l'agropastoral, la sécurité alimentaire, l'environnement, l'éducation et parfois l'insertion sociale.
Les domaines d'intervention sont variés. Pour ainsi dire, l'insertion sociale était la toute première activité développée par l'ONG, en partenariat avec la Mission Évangélique contre la Lèpre. Aujourd'hui, dans le Batha comme vous l'avez déjà abordé, nous collaborons toujours avec l'Université des Sciences et Technologies de la Vie.
De nombreux étudiants sont passés par ici dans le cadre de leurs stages, notamment ceux qui travaillent dans les filières agropastorale et agroalimentaire. Pour ma part, en agropastoral, nous n'avons pas enregistré beaucoup d'étudiants, mais en agroalimentaire, il y en a davantage, car nous développons des volets en agriculture et en résilience, en partenariat avec l'ONG PAN et un peu avec Habitat Suisse. L'ONG est implantée dans le Batha depuis 2022, soit depuis quatre ans.
Malheureusement, je ne détiens pas la base de données. Si nous avions accès à cette base, nous pourrions avoir les chiffres des étudiants passés par ici, par filière. Je peux tout de même vous assurer que l'ONG collabore toujours avec l'université. Récemment, nous avons accueilli un étudiant qui était prêt à soutenir sa thèse. Il s'agissait d'un étudiant en aménagement, mais nous n'avons pas pu l'encadrer, car son thème portait sur l'insertion sociale, un domaine que nous ne développons pas ici. Peut-être à Bongor, je l'ai orienté vers une autre ONG, l'ONG Garra Touristique, qui intervient dans les mêmes zones. Cette ONG travaille en collaboration avec la maison d'arrêt et forme les détenus dans plusieurs thématiques pour les aider après leur sortie de prison.
Je ne sais pas comment cela s'est terminé, car il n'est pas revenu. C'était tout de même une très bonne expérience. J'ai vraiment apprécié les thèmes abordés. Je pense qu'il serait bénéfique que certaines femmes puissent également être orientées vers cette ONG, qui collabore avec la maison d'arrêt.
D'accord.
Donc, l'idée développée au niveau du ministère est une très bonne initiative. Si je ne me trompe pas, il s'agit d'un projet pilote. J'aurais souhaité que cette initiative puisse toucher toutes les autres universités afin que davantage d'étudiants puissent en profiter. C'est une excellente chose. Nos portes sont totalement ouvertes pour vous à tout moment. Que l'université nous contacte ou qu'elle nous envoie simplement les étudiants, cela ne pose aucun problème. Nous sommes toujours disponibles pour orienter les étudiants et, si possible, trouver des profils correspondant à nos politiques ou à nos stratégies de recrutement.
C'est une très bonne chose.
D'accord. La finalité de cette mission est de créer une cellule d'aide à l'orientation et à l'insertion au sein de l'université. Cette cellule travaillera en collaboration avec les ONG de manière plus formelle, non pas sous forme de simples demandes, mais peut-être par le biais d'une convention avec l'université et les ONG comme la vôtre, qui avez déjà fait vos preuves en facilitant les stages des jeunes. Nous souhaitons que ce cadre soit plus solide, afin que vous puissiez intervenir directement auprès des étudiants. Cela pourrait prendre la forme de partages d'expériences ou de connaissances sur le monde de l'emploi.
Les étudiants en élevage ou en agriculture, qui sont en lien avec le secteur rural, ont besoin de savoir ce qu'ils peuvent faire. Peut-être iront-ils chercher une intégration à Diamana si l'occasion se présente. Mais déjà, au niveau local, comment créer un environnement qui leur permette de s'insérer ? Comme vous le mentionnez, il s'agit de mettre en place un cadre formel qui permette de mutualiser vos actions au profit de ces jeunes désemparés aujourd'hui, pour les questions d'orientation et d'insertion. Ils ont besoin de repères, d'aide et d'accompagnement.
C'est à cela que la cellule est en train d'être préparée. Lorsque nous aurons réuni tous les éléments, nous reviendrons vers vous pour voir dans quelle mesure nous pourrons préparer ensemble les termes de la convention afin que vous puissiez agir de cette manière. Nous pouvons aider les jeunes dans telle ou telle activité, pendant telle période, etc. Il faut développer cette approche pour résoudre, en partie, la question de l'emploi.
Pour nous, c'est aussi une satisfaction de vous rencontrer et d'établir ce premier contact. D'ici là, nous allons poursuivre cette perspective. Il est vrai que je vais repartir, mais le fait d'avoir déjà votre contact permet de poursuivre les échanges à distance et de trouver une formule qui puisse aider, voire permettre un développement au niveau local.
Quelle expertise l'université peut-elle apporter ? Quel est le besoin identifié, puisque vous êtes sur le terrain ? Nous avons besoin de l'expertise de l'université. Nous avons besoin de jeunes intéressés, par exemple, par le pastoralisme, pour accompagner des activités de vaccination ou d'aménagement des couloirs de transhumance afin d'éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Sur les questions agroalimentaires, comme la malnutrition des enfants dans les hôpitaux, qu'avez-vous déjà identifié dans la société ? Comment les jeunes pourraient-ils mettre en pratique ce qu'ils ont appris ?
Il y a un manque de mise en lien qui fait que nous sommes déconnectés les uns des autres. On pense que les autres sont là-bas et eux pensent que nous sommes ici sans échange. Nous voulons vraiment créer ce lien, ce rapprochement, même si vous travaillez déjà dans ce sens. Nous souhaitons que cela s'inscrive dans un cadre plus formel et conventionnel où nous savons que vous avez un partenaire qu'est l'université. Vous avez un besoin, nous avons un besoin. Qu'est-ce que l'université peut nous proposer comme démarche ou comme résultat ? Quelle étude l'université pourrait-elle mener pour nous aider à trouver une solution ?
Nous pouvons mettre deux ou trois étudiants intéressés à contribution, pendant les périodes de vacances par exemple. S'il y en a qui sont motivés, vous pouvez les récupérer. Par exemple, certaines maladies du bétail n'apparaissent qu'avec la saison des pluies. Il faut les étudier pour comprendre ce qui se passe. Nous voulons vraiment créer ce rapprochement pour qu'il y ait une mutualisation des actions et permettre à l'université de ne pas rester seulement un pôle théorique de connaissances, mais de revenir à la réalité pour apporter sa contribution. Vous connaissez le terrain, vous connaissez les problèmes de terrain. Vous savez comment amener les jeunes à se défaire des représentations et stéréotypes selon lesquels une formation universitaire implique nécessairement un travail de bureau ou un recrutement salarié, alors qu'il existe des opportunités d'auto-emploi.
Je suis sûr qu'il y en a sur le terrain et que ces apports pourraient aider à les concrétiser. Comme vous l'avez dit, c'est tout à fait vrai. Mais comme on dit, l'international et le national...
Justement, c'était cela qui faisait partie de ma réflexion dans le cadre de la collaboration avec l'université, mais elle n'est pas encore vraiment formalisée.
Déjà, du côté de l'université, on voit les étudiants. Nous, quand un étudiant vient, on sait qu'il s'agit de l'Université des Sciences et Technologies de la Vie. Dès son arrivée, on le sait, même si ce n'est pas formalisé. Mais si nous parvenons à avoir cette synergie d'action de manière très formelle, ce sera vraiment bien. Et c'est pour cela que je vous garantis que notre ONG reste toujours disponible. Même s'il s'agit de créer une cellule et que l'ONG en fasse partie, nous sommes prêts. Même s'il faut organiser un atelier pour en débattre, nous y participerons pleinement.
C'est une très bonne chose. Comme vous l'avez également signalé, il arrive parfois que nous lancions des avis de recrutement et que, face à l'urgence, nous recevons des candidatures de partout. Nous nous basons peut-être sur les CV, mais c'est lors des entretiens que nous découvrons qui est qui. Si un jeune sort fraîchement de l'université, nous avons tout de même un repère : même s'il est novice, nous savons qu'il a suivi tel ou tel cursus principal, comme l'agropastoral, l'agroalimentaire ou l'aménagement. Donc, si nous avons besoin de profils correspondants, nous savons où nous orienter.
C'est une très bonne chose. Comme on le dit souvent, l'expérience s'acquiert dans la pratique. Dès qu'une personne arrive, nous pouvons l'encadrer, même si elle commence par un stage, et si nous avons besoin d'elle, nous pouvons la recruter, car c'est quelqu'un qui ne nous posera pas de problème.
D'accord.
Vraiment, c'est cela l'objectif de cette descente sur le terrain. Parfois, on reste loin et on imagine des choses, mais il faut venir toucher du doigt la réalité, rencontrer les acteurs de terrain et, à partir de là, mettre en place quelque chose de plus efficace que des contacts interposés par papier ou par voie électronique. C'est la raison pour laquelle je suis ici depuis le 10 pour faire cette tournée. J'étais à N'Djamena, puis à Bébédjia, je suis venu ici et je vais redescendre à Moussoro pour boucler la mission avant de faire le rapport.
Je vais vous demander de remplir l'enquête. Le contenu n'a pas d'importance. L'enquête nous permettra d'avoir tous vos contacts. De toute façon, vous ferez partie de cette cellule. C'est pour que nous puissions vous approcher et vous identifier afin que vous soyez inclus dans la cellule. Il n'y a aucun problème.
Il y a...