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Entretien avec Jacques SAVALAM - Coordonnateur Projet IRC

Présentation de l'interviewé et de sa structure

Interviewé : Jacques SAVALAM
Fonction : Coordonnateur Projet
Institution : International Rescue Committee (IRC)
Ville : ABECHE
Type d'établissement : ONG Internationale

Interviewer : DJIKOLMBAYE DJIBÉ (Osée), Consultant, Expert en Orientation et Insertion Professionnelle

Bonjour Monsieur Jacques. Merci de m'avoir donné l'occasion aujourd'hui d'échanger avec vous sur les questions en lien avec l'insertion des jeunes.

Vous êtes le coordonnateur du projet IRC ici à Abéché. Moi, je suis là au compte de l'enseignement supérieur et de l'ambassade de France, qui ont bien voulu mettre en place des cellules d'aide à l'orientation et à l'insertion des jeunes dans quelques établissements supérieurs à titre expérimental. On pilote pour aider à voir comment on peut aider les jeunes dans leur insertion et dans leur orientation, car c'est un grand problème auquel il faut faire face lorsqu'ils finissent leurs études. C'est dans ces cas-là que je voudrais m'entretenir avec vous.

Merci beaucoup.

Pour commencer, je voudrais d'abord vous demander si vous pouvez vous présenter, ainsi que votre structure et les activités que vous menez au Tchad.

Parcours professionnel de Jacques Savalam

C'est une très bonne initiative qui concourt avec la politique de l'organisation. Nous sommes là aussi pour appuyer l'État et les organisations.

Pour me présenter, moi c'est Jacques Savalam. Je suis le coordonnateur du projet « Respect ». Le projet s'appelle « Respect ». C'est un sigle au niveau de l'IRC. Je suis sur cette position depuis le 1er avril 2023.

J'ai commencé ma carrière humanitaire en 2008. J'ai terminé mes études à l'Institut universitaire des sciences techniques (IUSTA) à Elvach. C'est là que j'ai débuté ma carrière.

Aussitôt après mes études, le marché de l'emploi présentait de nombreux besoins. J'ai été recruté par une organisation du nom d'Art-Test. J'ai commencé comme animateur à Elvach. Progressivement, j'ai gravi les échelons pour devenir chef d'équipe. J'ai travaillé cinq ans avec cette ONG.

En 2012, le projet a pris fin. J'ai postulé pour travailler avec une ONG du nom de FLM. Là-bas, j'ai été recruté comme responsable d'un institut universitaire à Elvach. Ensuite, j'ai été promu coordinateur du volet Elvach pour la zone de Mal Igware. J'ai travaillé avec FLM pendant près de cinq ans, jusqu'en 2016.

Après cette expérience, j'ai connu une période de chômage de six mois avant de rejoindre l'ONG Intersos, où j'ai occupé le poste de responsable du suivi et de l'évaluation. J'y suis resté un an.

Ensuite, j'ai rejoint l'IRC le 2 août 2018. Depuis cette date, je suis toujours avec cette organisation. De 2018 à 2023, j'ai occupé plusieurs postes, notamment celui de senior au programme de l'ARC. En 2023, j'ai été promu coordinateur du projet « Respect ».

Description du projet « Respect » :

Ce projet, d'une durée de cinq ans, a débuté le 1er février 2023. Aujourd'hui, nous sommes dans la quatrième année de mise en œuvre. Je coordonne les activités dans trois provinces : le Wadaï, le Sila et le Wadi Fira. Le budget alloué à ce projet est d'environ 13,9 millions d'euros pour cinq ans.

Nous employons environ 30 personnes réparties dans ces trois provinces. Nos axes d'intervention sont principalement axés sur :

  • L'appui aux ménages bénéficiaires pour leur permettre d'acheter des biens essentiels
  • La distribution de transferts monétaires de 48 000 francs par ménage pour subvenir à leurs besoins alimentaires
  • La construction d'infrastructures de base essentielles et la réalisation de projets d'aménagement
  • L'élaboration de plans de développement local pour identifier ces infrastructures

Nous avons déjà distribué des transferts monétaires à 9 000 ménages répartis dans les trois provinces. Chaque ménage a bénéficié de sept tours de distribution, à hauteur de 48 000 francs. Nous menons ces activités en collaboration avec les services techniques de l'État, notamment les membres des Comités départementaux d'agriculture (CDA) et des Comités locaux d'action sanitaire (CLAS).

Bilan et perspectives du projet

Un parcours très construit et très riche dans ce domaine-là. Vous avez un projet de cinq ans qui arrive bientôt à son terme. Le bilan que vous en faites est positif. Comment voyez-vous la projection d'ici les années à venir ?

Merci pour cette question. Je pense que, par rapport à la vision, jusqu'à présent, nous avons reçu des retours très positifs, que ce soit des autorités ou des bénéficiaires. Je peux même ajouter le niveau des bailleurs, car nous avons reçu plusieurs visites de leur part. Les impressions sont bonnes.

Je pense que les discussions ont déjà commencé avec les bailleurs sur la possibilité de renouveler le projet. Aujourd'hui, nous avons encore un appel à ce sujet. Je pense que c'est vraiment positif. Nous avons aussi la garantie, même si ce n'est pas pour cinq ans. Je sais qu'actuellement, au niveau international, nous sommes un peu secoués par les crises, notamment les retraits de financement. Cela aide beaucoup à stabiliser les organisations.

Nos principaux financements proviennent de l'Union européenne et de l'Agence française de développement. Nous avons vraiment cette garantie. Je pense que nous échangeons avec les gouvernements, surtout les bailleurs, et il y a quand même cette possibilité de pouvoir renouveler le projet.

Nous sommes actuellement dans la deuxième phase. La première phase a duré quatre ans et s'est terminée en 2020. Ensuite, nous avons commencé la deuxième phase. Dans la première phase, nous n'étions pas encore dans la construction. Nous avons intégré cette dimension dans la deuxième phase.

Concernant le consortium « Worldwide », c'est un projet dont nous assurons la coordination. Il est composé de six organisations : IRC, Save the Children, BCI, OXFAM, DEL et Écosystèmes. Parmi ces six organisations, trois sont internationales.

Le budget global de ce projet est de 33 millions d'euros, financés par le Bayer ALT et le Bayer Neurovient, ainsi que par la coopération suisse. Bien que nous n'ayons pas encore terminé cette phase, la coopération suisse nous a déjà octroyé des enveloppes supplémentaires pour la province du Wadi Fira.

Collaboration avec l'enseignement supérieur et insertion des jeunes

À l'entendre, vous faites des formations en élevage et vous avez également exercé des activités professionnelles dans ce domaine avant de devenir coordinateur de ce projet. Est-ce qu'il y a, dans ce projet, un volet qui s'occupe aussi de l'élevage ?

Effectivement. J'ai travaillé dans le domaine de l'élevage. Par la suite, j'ai embrassé la carrière de coordination et de gestion de projet. Ces compétences, je les ai acquises en interne et par mes propres recherches.

Dans ce projet, nous avons aussi un volet d'appui à l'élevage. Actuellement, nous soutenons 1 300 ménages vulnérables. Chaque ménage reçoit cinq têtes de petits ruminants : quatre femelles et un mâle. Tout ce que nous donnons est gratuit. L'objectif est de renforcer la résilience de ces ménages et de les aider à sortir de leur situation de vulnérabilité.

D'accord. Et là, je vais faire un lien avec ce que vous faites en élevage et votre parcours à l'IUSTA. Actuellement, l'IUSTA forme encore en élevage. Est-ce qu'il y a une possibilité de mettre à profit les jeunes en formation dans vos activités ? Est-ce qu'il y a cette possibilité, de manière ponctuelle ou expérimentale, pour qu'ils viennent vous appuyer et mettre en pratique ce qu'ils apprennent ?

C'est une excellente question. Moi, en fait, j'ai aussi cette vision d'encourager les jeunes, même si ce n'est pas directement lié à l'élevage. Si vous êtes disposé à partager vos expériences avec les jeunes qui nous suivent, surtout nos cadets à l'IUSTA, je peux vous dire que, sur les trois profils d'agents qui gèrent un peu cette activité, ce sont des lauréats de l'IUSTA.

D'accord. C'est celui qui vient de prendre conscience, je crois que c'était le 10 mars ici, pour le poste de responsable à Abgobega, car nous avons commencé le processus de recrutement. Cette planification est prévue pour fin 2025, surtout pour les activités de l'IUSTA.

Topop, c'est un fonds additionnel qui est arrivé. Initialement, ce n'était pas prévu. Nous avions initié cette activité. Nous avons actuellement trois lauréats de l'IUSTA qui sont présents : un à Eriba, un à Abgobega et un à Teralit. La plupart de mes jeunes sont donc sur le terrain.

Si nous devons vraiment donner la possibilité de faire des stages, cela demandera d'analyser d'autres paramètres. Mais si j'étais au niveau local et que les besoins sont assurés, en tout cas, je suis tout à fait ouvert. Donc, donner la possibilité de venir faire des stages, comme nous avons des activités en cours, nous avons aussi une collaboration avec les services de délégation qui nous appuient.

Tout ce que nous faisons s'inscrit dans le cadre de notre protocole d'accord avec le service de délégation. Que ce soit au niveau des distributions de biens essentiels ou des services sanitaires, tout est intégré dans ce protocole.

Donc, il y a quand même cette synergie qui existe. Nous sommes toujours ouverts. Notre vision, c'est vraiment que les jeunes puissent avoir des possibilités de travailler. Il y en a qui sont vraiment motivés, qui cherchent à travailler. Donc, nous avons la porte grande ouverte. Les organisations, de manière générale, sont toujours ouvertes, elles tendent la main.

Mais il faut que le lauréat aussi se défende. Vous n'êtes pas venu seulement pour vous donner, pour vous appeler, vous venez aussi pour montrer que vous pouvez faire quelque chose.

Ce sont des pistes qui pourraient être approfondies pour voir dans quelle mesure les structures de formation pourraient se mettre en collaboration avec les ONG comme la vôtre pour aider les jeunes dans leur insertion. Car l'insertion, ce n'est pas seulement trouver un emploi lorsqu'il y en a un, mais c'est aussi créer son propre emploi.

Voilà. Sans vous couper, je pense que je suis en train de parler un peu au nom de ce que nous faisons au niveau de l'IRC. Maintenant, il faut voir un peu les activités prévues dans ce projet, car nous sommes dans un consortium. Chaque organisation a des activités spécifiques.

Maintenant, concernant l'insertion des jeunes, nous faisons des formations professionnelles certifiantes pour ces jeunes. Beaucoup de jeunes souhaitent acquérir des connaissances dans le domaine de l'élevage, du maraîchage ou de la couture. À ce niveau, nous avons déjà finalisé le ciblage de ces jeunes. Il y a un processus de travail en cours avec le ministère en charge de la formation professionnelle pour établir un protocole d'accord afin que ce dernier puisse former ces jeunes dans les domaines où ils pensent que cela pourra vraiment les aider.

Nous avons opté pour la réparation d'engins mécaniques. Certains ont même approfondi leurs connaissances en machinerie. Il y a plusieurs volets pris en compte dans notre projet, et nous n'avons pas perdu de vue la question de l'insertion des jeunes. Les jeunes sont vraiment au cœur de notre vision.

En échangeant avec vous, j'ai découvert en même temps que c'est un consortium et que la collaboration peut s'étendre. Donc, nous allons essayer de voir dans quelle mesure nous pouvons mettre en synergie tous ces efforts pour avoir un cadre de concertation un peu conventionnel, où il y a des conventions qui nous lient avec le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, pour mutualiser et maximiser ces efforts afin d'aider les jeunes.

Recrutement et besoins en compétences

Ce sont des éléments très positifs à prendre en compte. Vous avez déjà abordé la question des jeunes qui intègrent votre organisation. Qu'est-ce qu'il y a d'autre que le recrutement ?

Nous allons passer au point 3, qui parle des besoins stratégiques et des adéquations en formation. Alors, je voulais savoir : lors de vos recrutements, par exemple, quels sont les profils ou métiers que vous jugez les plus difficiles à trouver localement ?

En tout cas, la question est pertinente. Nous avons des positions à pourvoir dans le cadre de nos recrutements. Certaines positions sont nationales, d'autres locales. Notre organisation a commencé, depuis un certain temps, à nationaliser certains postes. Beaucoup de ces postes sont désormais gérés par des nationaux.

D'ailleurs, entre-temps, même un poste de manager chez nous était occupé par un expatrié. À l'époque, quand j'ai commencé ma carrière, on voyait souvent des managers expatriés. Avec le temps, et grâce à la politique de l'Aisponga, certaines positions ont été réservées aux nationaux.

Cependant, il y a encore des profils pour lesquels nous avons des difficultés à recruter. Au niveau national, nous avons du mal à trouver des personnes expérimentées dans certains domaines techniques. Parfois, nous lançons plusieurs fois des appels à candidatures, mais les candidats trouvent nos offres peu attractives par rapport au contexte local.

Au niveau local, nous recrutons déjà des profils locaux, surtout des jeunes de la localité. Cependant, la plupart des jeunes de la localité n'ont pas fait d'études poussées. Cela rend difficile le recrutement de certains profils, par exemple en élevage ou en agriculture. Nous ne pouvons pas recruter un jeune qui n'a pas assez d'informations pour gérer ces activités.

C'est une difficulté que nous rencontrons au niveau des recrutements locaux. Au niveau national, les difficultés concernent certains postes nécessitant une expérience spécifique ou des offres peu attractives. Cela peut entraîner des reports de recrutement, ce qui impacte le projet.

Cela peut aussi être un volet de sensibilisation au niveau local pour que les jeunes puissent continuer leurs études. Tout cela ramène à la question de l'orientation, où des sensibilisations pourraient être faites dès le niveau secondaire pour que les gens prennent conscience qu'ils travaillent pour le développement de leur localité.

Il y a cette vision selon laquelle, lorsqu'on finit l'école, c'est pour trouver un emploi dans un bureau, ailleurs, et non pour rester dans sa localité. Parfois, il y a des profils que nous recherchons localement, mais les jeunes préfèrent partir ailleurs pour chercher du travail, sans chercher à s'intégrer localement, alors qu'il y a du travail ici qu'ils pourraient bien faire.

Donc, il y a ce travail de sensibilisation qui intègre directement l'aspect des questions d'orientation et de sensibilisation des gens.

Expérience terrain et formation des jeunes

Sur les questions d'inadéquation, nous avons aussi abordé la question des qualités humaines et comportementales recherchées. Est-ce que vous recrutez aussi sur ces critères, où l'attitude et le comportement du jeune peuvent lui permettre de répondre d'une manière ou d'une autre, et où il peut être formé sur le tas ? Est-ce qu'il y a des cas comme ça qui se présentent ?

Oui, je pense que l'approche actuelle adoptée par notre organisation est adaptée. Il y a certaines positions, par exemple pour les animateurs, où nous n'avons pas besoin d'un diplôme spécifique. C'est une décision de l'organisation.

Je parle de ce que je vois au niveau de mon organisation. Compte tenu du contexte que je vous ai décrit, l'organisation a décidé de donner plus de chances aux jeunes de la localité, quel que soit leur niveau d'études.

Pour les postes d'animation, nous n'avons pas besoin d'un baccalauréat professionnel. Même si c'est un poste oral, nous pouvons former la personne, lui transmettre les messages nécessaires pour qu'elle puisse travailler efficacement.

Il y a des formations internes qui sont très intéressantes. Certains ont commencé sans diplôme et sont devenus des cadres au sein de notre organisation. Ils ont dépassé le stade des animations et occupent désormais des postes d'assistants, de managers ou de superviseurs. Tout cela grâce à l'organisation qui forme et donne cette opportunité aux jeunes de la localité qui veulent apprendre.

Alors, votre organisation a-t-elle un avenir d'ici cinq ans pour essayer d'insérer les jeunes au mieux ?

Un autre élément que je voudrais souligner : est-ce que, dans vos interventions pour tout ce qui est élevage, vous avez évoqué des métiers, des postes que vous avez occupés, comme les superviseurs en élevage ? Est-ce que ces métiers sont perceptibles pendant la formation ? Est-ce que, pendant qu'on est en formation, on peut les percevoir ?

Oui, il y a beaucoup de postes qui se dessinent davantage au niveau de la pratique, sur le terrain. Comme je l'ai mentionné, j'ai commencé comme animateur. Mon rôle était d'aller travailler avec la communauté. On me donnait des fiches et des outils pour mener des sensibilisations auprès des populations.

En tant qu'animateur, j'avais aussi un superviseur qui compilait nos données. Par exemple, lorsque j'étais superviseur, j'encadrais des animateurs. Ce n'est pas moi qui allais directement sur le terrain. Mes tâches consistaient à élaborer des projets, à monter des dossiers pour la distribution, jusqu'à la finalisation des activités.

Je travaillais directement avec les secteurs étatiques, notamment avec les services vétérinaires. Je coordonnais les actions avec eux. Par exemple, j'organisais des campagnes de vaccination. J'étais, en quelque sorte, le porte-parole de l'organisation qui travaillait avec les structures étatiques.

Je supervisais les activités sur le terrain, je travaillais avec les services étatiques et je rédigeais les rapports d'activités.

Dans ces échanges, nous cherchons aussi à imaginer des mécanismes qui pourraient être mis en œuvre dans les activités au niveau de l'élevage, par exemple lors des campagnes de vaccination dans les campagnes.

Est-ce que vous avez une part d'intervention dans ce suivi ? Vous suivez un peu cela aussi, notamment lorsque vous évoquez les questions vétérinaires. Cela m'a fait penser à une possibilité : par exemple, avec les services étatiques au niveau de l'élevage, pourquoi ne pas mobiliser les étudiants des universités qui forment dans ce domaine pour appuyer ces campagnes ?

Ils pourraient intervenir pendant un ou deux jours, le temps de faire ces activités. Cela leur permettrait d'avoir une pratique directe sur le terrain. Peut-être qu'un petit moyen de déplacement pourrait être prévu pour faciliter ces interventions.

Ce sont des pistes que nous cherchons à réfléchir et à imaginer pour voir comment, sur le terrain, nous pourrions mettre en lien les jeunes en formation et ceux qui sont déjà sur le terrain.

Nous avons déjà utilisé dix étudiants pour appuyer une campagne de vaccination du bétail, en collaboration avec le service concerné. Les jeunes ont apprécié cette opportunité de deux jours sur le terrain, car cela leur a permis de voir ce qui les attend concrètement, et non pas seulement ce qui les attend dans les bureaux.

Ce sont des pistes que nous cherchons à développer pour renforcer le lien entre les structures de formation et les acteurs du terrain.

Je pense que c'est une très bonne idée, en lien avec l'opportunité de donner des possibilités aux jeunes. Nous, en tant qu'acteurs humanitaires, nous faisons déjà cela, mais peut-être avec des limites qui font que nous ne faisons pas directement appel aux étudiants. Nous passons souvent par des protocoles avec les services vétérinaires et les délégations vétérinaires de chaque province.

Nous établissons déjà un plan de travail où nous identifions les besoins en vaccinations et autres activités. Les questions d'implication directe des étudiants ne relèvent pas de notre responsabilité directe. Si on nous le demande, surtout si c'est une demande qui vient des services étatiques, nous pouvons programmer les activités en fonction de la disponibilité des étudiants.

L'idée, c'est vraiment d'orienter les jeunes vers la réalité du monde du travail. Cela peut aussi être un projet qu'ils pourront développer plus tard. Je sais que, par le passé, des gens ont dit que ce n'est pas facile avec l'élevage. Aujourd'hui, je compte sur ma promotion. Nous sommes nombreux. Nous avons cette opportunité.

Moi aussi, je sais que même si ce n'est pas tout, même si nous avons cette position, il y en a quand même qui sont devenus des cadres. Il y a des managers, des superviseurs, et d'autres grades répartis dans l'organisation.

De ma promotion et de celle d'Avanu, je crois qu'il y en a beaucoup plus qui sont dans l'État. Certains sont partis dans l'État, mais ceux qui sont dans le contexte humanitaire, nous sommes un peu éparpillés.

Je suis vraiment tout à fait d'accord avec cette idée. Et je ne la recommande pas seulement aujourd'hui. Même au niveau local, avec les services étatiques, nous avons financé et formé des groupements de défense sanitaire. Ce sont des structures composées de personnes qui n'ont pas forcément bénéficié d'une formation, mais grâce à nous et au secteur de l'élevage, nous sommes arrivés à les former.

Ces personnes servent actuellement de relais. Elles sont présentes dans les agences du maro. Elles font le travail de relais, car les fonctionnaires de l'État ne couvrent pas tout le territoire. Ces auxiliaires, formés par nos soins, équipés et dotés de produits vétérinaires, vendent ces produits avec un bénéfice raisonnable, mais pas au prix du marché.

Comme c'est une intervention qui cible les jeunes, la formation est gratuite. Grâce à eux, les communautés peuvent aussi être appuyées, même si ce n'est pas à grande échelle, car ce sont des personnes vulnérables. L'argent qu'ils gagnent leur permet d'acheter des médicaments pour traiter leurs animaux.

Aujourd'hui, nous sommes prêts, en tant qu'organisation, à aider vraiment s'il y a des jeunes qui veulent vraiment travailler. Même les étudiants, il y en a beaucoup qui veulent travailler avec nous.

Cependant, mon poste actuel me place un peu à distance de ces activités. La plupart des activités se déroulent sur le terrain. C'est une limite liée aux mouvements et à la disponibilité pour interagir directement avec les bénéficiaires.

Le seul point où vous pouvez nous contacter, c'est de voir aussi avec le service de l'élevage. Donc, s'il y a des jeunes qui manifestent leur intérêt pour que nous puissions leur donner cette opportunité, nous pouvons les enregistrer. Nous avons un cadre de coordination mensuel avec les partenaires. Ils peuvent profiter de ces rencontres pour exprimer leur intérêt.

Je sais que vous avez beaucoup de jeunes dans le domaine de l'élevage qui aiment vraiment visiter le terrain. Donc, c'est une chose qui arrive souvent sur la table. Nos organisations en prennent note. En fonction de nos capacités, nous pouvons voir ce que nous pouvons faire. Même s'il faut les déplacer pour qu'ils aillent sur un nouveau terrain, cela dépend des critères.

Mais si je peux vraiment vous le dire, en tout cas, c'est très important ce que vous venez de dire. Et ce sont effectivement des points que nous devons approfondir.

Cela a aussi amené le ministère de l'Enseignement supérieur et l'Ambassade de France à mettre en place cette initiative pour nous dépêcher sur le terrain afin d'échanger avec ceux qui sont au niveau académique et les organisations qui travaillent directement avec la population. L'objectif est de voir dans quelle mesure les conditions pourraient être créées pour permettre aux jeunes en formation de connaître les besoins du terrain, la réalité du terrain, et comment ils peuvent intégrer ce terrain s'ils ont vraiment cette vocation de servir dans l'élevage.

Donc, cela nous conduit directement au point 5, qui parle de partenariat et d'engagement institutionnel. Parce qu'il est question, dans ce projet, de créer, par exemple au niveau de l'IUSTA, une cellule d'aide à l'orientation et à l'insertion professionnelle. Nous aurons à signer des conventions avec vous, et avec le service de l'État concernant le secteur de l'élevage, qui est déjà sur le terrain.

Nous avons un cadre qui nous régit. Le moment venu, cette cellule pourra faire une démarche auprès du secteur de l'élevage. Comme nous sommes dans un même cadre de concertation, nous pourrons appuyer ces jeunes.

Peut-être que cela peut être le moment des vacances, et ils ont choisi de ne pas partir. S'il y a la possibilité qu'ils aillent peut-être un mois ou une période déterminée pour trouver quelque chose qui leur permet de revenir à l'école en ayant positionné les choses que nous faisons.

En même temps, cela résout le problème d'expérience que vous avez évoqué, car ils auront la chance, non pas dans un cadre de stage académique, mais personnellement, d'aller travailler déjà dans leur domaine. Par exemple, ils pourraient dire : « De telle date à telle date, j'ai supervisé l'élevage à Boko ou à Moundou. J'ai traité des animaux, j'ai diagnostiqué telle maladie, j'ai pu résoudre tel problème. »

Cela leur donne déjà cette aptitude lorsqu'ils se présenteront pour un emploi quelque part. Ils auront les compétences que nous recherchons, alors que celui qui sort directement de l'école n'a pas cette expérience.

C'est ce cadre-là que nous voulons créer. Si ce cadre est créé, cela permettra à des organisations comme la vôtre, qui sont sur le terrain, de trouver peut-être un créneau dans cette concertation, toujours avec la cellule, pour dire : « Tel jour, à telle heure, nous réservons un espace pour échanger avec les étudiants en master d'élevage sur tel point, la situation, c'est ça votre métier. Vous avez choisi de vous former en élevage. Moi, j'ai fini ici et voilà ce que j'ai fait sur le terrain. »

Si vous rêvez, enlevez ces rêves, c'est ça le cadre que nous cherchons à mettre en place. C'est pour venir et demander si l'université a proposé d'aider vos équipes à monter en compétence sur ce que vous faites déjà sur le terrain. Les jeunes universitaires, peut-être même les étudiants qui sont déjà là, plus que les célèbres, la population que vous avez mise en train de travailler de manière directe, qui n'ont pas de compétences, ceux-là peuvent les encadrer. Deux ou trois étudiants encadrent un groupe d'animateurs dans telle zone, pour telle période. Ils ont peut-être un petit quelque