La métrite contagieuse équine est une maladie infectieuse, caractérisée par une vaginite et par
la stérilité des juments.
I. L’agent pathogène
L’agent pathogène de la métrite contagieuse équine s’appelle Taylorella equigenitalis (ou
Haemophilis equigenitalis). C’est un coccobacille microaérophile gram négatif à croissance
lente et fastidieuse, qui a été décrit pour la première fois au Royaume-Uni en 1977 (Equine
Vet J. 10(3):136-44). Il doit être différencié d'une autre espèce de Taylorella, T. asinigenitalis,
qui n'est apparemment pas pathogène. Cette dernière espèce qui a été découverte récemment
chez les chevaux et chez les ânes n'entre pas dans la liste des maladies à déclaration
obligatoire de l'OIE (Organisation Mondiale de la Santé Animale).
La bactérie est très sensible aux antibiotiques contenus dans la majorité des diluants de
semence. Un moyen de contrôler la propagation de la maladie est d’utiliser un diluant
contenant un antibiotique efficace contre T.equigenitalis autant lors d’insémination artificielle
que lors de saillie naturelle.
Le refroidissement ou la congélation de la semence ne détruit pas la bactérie.
II. Epidémiologie
Animaux sensibles : Cette maladie touche seulement les équidés. Les juments de race pure
sont les plus sensibles à la métrite contagieuse.
Sources de l’agent pathogène : les juments malades et les étalons.
Réservoirs de la métrite infectieuse : les poulains infectés lors de la mise bas (porteurs
sains).
Transmission de l’agent pathogène : L’agent pathogène pénètre dans l’organisme à travers
les muqueuses des organes génitaux par la semence d’un étalon infecté ou par le contact avec
de l’équipement et/ou du matériel contaminé.
III. Pathogénèse
La bactérie Taylorella se multiplie dans les cellules épithéliales des organes génitaux
provoquant l’inflammation de l’utérus, des trompes de Fallope, du col de l’utérus et du vagin.
Cette inflammation est souvent compliquée par des infections pyogènes secondaires.
IV.Symptômes
Les juments infectées développent une endométrite, c’est-à-dire une inflammation de
l’endomètre de l’utérus accompagnée d’écoulements vaginaux purulents importants pendant 2
à 10 jours et une vaginite suivant l’infection. Leur fertilité peut en être altérée. Les juments
gestantes vont transmettre la bactérie au fœtus pouvant entraîner des avortements, des
mortalités en bas âge ou bien des poulains devenant « porteurs sains ». D’autres juments
seront également « porteuses saines ». C’est-à-dire qu’elles porteront la bactérie et pourront la
transmettre sans toutefois ne montrer aucun signe clinique mis à part un retour en chaleurs
précoce et répété. Les étalons infectés seront asymptomatiques.
Chez le mâle, l’agent pathogène se conserve pendant longtemps dans les muqueuses du
prépuce et de l’urètre.
V. Diagnostic
On soupçonne la présence de la métrite contagieuse équine lorsque plusieurs juments
fécondées par le même étalon présentent une stérilité passagère et un écoulement vaginal. Le
diagnostic doit être confirmé par des analyses de laboratoire.
Chez les juments et les étalons on procède aux analyses bactériologiques (culture bactérienne
du micro-organisme) des écouvillons d’écoulements vaginaux et de ceux du prépuce et de
l’urètre.
En utilisant des conditions de culture adaptées, T. equigenitalis peut être isolé de la fosse et
des sinus clitoridiens, du col de l'utérus et de l'endomètre chez les juments, et de la fosse
urétrale, du sinus urétral, de l'urètre et du prépuce chez les étalons. Les écouvillons doivent
être immédiatement placés dans un milieu de transport et arriver au laboratoire dans les 24
heures suivant le prélèvement. Les plaques doivent être incubées dans une atmosphère
contenante 5 à 10 % de CO2 pendant 10 à 14 jours pour que les colonies de T. equigenitalis
deviennent visibles et puissent être identifiées par un test d'agglutination au latex ou par PCR.
VI.Traitement
Le traitement de la métrite contagieuse consiste à administrer de l’ampicilline en injection
intramusculaire. Au même moment, préconiser un lavage de l’utérus et du vagin avec une
solution contenant d’ampicilline. Le traitement s’étale sur 3 – 4 jours à la dose de 2-4g/j.
Certaines juments guériront spontanément sans traitement mais plusieurs demeureront
porteuses asymptomatiques si elles ne sont pas traitées.
Prophylaxie
Avant d'être importés, tous les chevaux en âge de se reproduire en provenance de pays où la
métrite contagieuse équine a été signalée doivent subir des tests de dépistage de la maladie.
Après leur entrée au pays, les chevaux sont mis en quarantaine et font l'objet d'autres
recherches plus poussées.
En cas d'éclosion de métrite contagieuse équine la stratégie d'intervention d'urgence viserait à:
• éradiquer la maladie;
En vue d'éradiquer la métrite contagieuse équine, l’autorité vétérinaire pourrait mettre en
œuvre une partie ou l'ensemble des méthodes de lutte suivantes contre la maladie:
• Traitement des chevaux infectés.
• Surveillance et retraçage des animaux potentiellement infectés ou ayant été exposés à
la maladie.
• Mise en quarantaine et contrôle rigoureux des déplacements d'animaux pour empêcher
la propagation de la maladie.
• Décontamination complète des lieux contaminés.
• Zonage pour délimiter les zones infectées de celles exemptes de la maladie.