La morve est une maladie bactérienne des équidés caractérisée par des affections
œdémateuses et ulcéreuses des muqueuses et des organes internes. Elle peut se transmettre à
l’homme et provoquer une maladie fréquemment mortelle (c’est une zoonose).
I. Agent pathogène
L’agent pathogène de cette maladie est une bactérie appelée Burkholderia mallei qui produit
une endotoxine nécrosante. C’est une bactérie gram négative, immobile, non sporulée, parfois
capsulée.
II. Epidémiologie
Animaux sensibles : les ânes, les chevaux, les mulets, les dromadaires, les léopards et les
lions. L’âne est plus sensible que le cheval. L’homme est aussi sensible à la morve.
Source de l’agent pathogène : les animaux malades.
Matières virulentes : toutes les sécrétions ou excrétions qui comportent l’agent pathogène,
notamment le pus, le jetage, les larmes, la salive, l’urine et les matières fécales.
Transmission : par voie alimentaire (digestive) à travers les aliments, l’eau et la litière
contaminés ou par voie cutanée.
III. Symptômes :
La période d’incubation est de 2 à 4 semaines. Il existe 4 formes de morve : la forme aigue, la
forme pulmonaire, la forme nasale, la forme cutanée et la forme chronique.
III.1 La forme aigüe
Cette forme se caractérise par une hyperthermie (41-42°C), un pouls faible, la présence d’une
tachycardie, d’une toux sèche et rare, de la congestion des muqueuses visibles et d’un jetage
muqueux. Les ganglions lymphatiques sous-maxillaires s’hypertrophient, l’animal devient
abattu et anorexique. Quelques jours après, se forment des pustules sur la muqueuse nasale, de
couleur jaunâtre au pourtour rougeâtre. Très vite, ces pustules crèvent. A leur place
apparaissent des plaies aux bords épais et rougeâtres et au fond blanchâtres. Le jetage devient
purulent et hémorragique. Des croûtes se forment au niveau des narines et la respiration
devient alors « sifflante ». Le cheval maigrit rapidement et meurt au bout de 2 à 3 semaines.
Jetage mucopurulent
III.2 La forme pulmonaire (latente)
La forme pulmonaire évolue lentement en quelques mois. Elle est caractérisée par une
hémorragie nasale soudaine ou par l’apparition d’un jetage hémorragique, par une fièvre
éphémère, par une toux faible et sèche, par la baisse du rendement au travail et par
l’amaigrissement de l’animal.
III.3 La forme cutanée (amhoubale)
La forme cutanée est caractérisée par la formation de nodules et des plaies sur la peau et au
niveau du tissu adipeux. Les nodules sous cutanés se forment le plus souvent, au niveau des
pattes, au bas ventre et sur les cotés. Leur taille peut atteindre celle d’un bonbon de CST. Les
sont consistant et moins douloureux. Ces nodules s’abcèdent et crèvent en laissant couler un
exsudat purulent. A leur place se forment des plaies profondes aux bords épais, de couleur
rougeâtre et au fond blanchâtre. Au niveau de la région où se sont formés les nodules et les
plaies, le nombre de vaisseaux lymphatiques augmente. Tout au long de chaque vaisseau
lymphatique apparaissent des nouveaux nodules et des nouvelles plaies. Cela donne aux pattes
affectées l’aspect de pattes d’éléphant.
III.4 La forme chronique
Elle évolue sur plusieurs années et se caractérise par une hyperthermie périodique et par la
toux.
IV.Lésions
Les animaux morts de suite de la morve ne doivent pas être autopsiés sauf en cas d’une
nécessité absolue. Les lésions ne sont autres que les nodules et les plaies qui se forment sur la
peau et les muqueuses, au niveau des narines et des poumons. Ces nodules et plaies sont
caractéristiques avec des bords épais et rougeâtres dont le fond des plaies est blanchâtre.
V. Diagnostic
Il tient compte des données épidémiologiques de la zone, du tableau clinique (évocateur), des
lésions, et des résultats des analyses de laboratoire.
Mise en évidence des anticorps par fixation du complément ou hemagglutination indirecte
Mise en évidence de l’état d’hypersensibilité retardée par inoculation intradermique ou
oculaire de malléine : il s’agit de la « malleinisation ». Cette réaction consiste à déposer sur la
poche de l’œil 1 goutte de malléine. Après 24-48 heures, se produit une conjonctivite aigüe.
La malleinisation oculaire est un test allergique qui permet de dépister la maladie dans ses
débuts et dans sa forme latente.
VI.Traitement
L’agent pathogène de la morve est sensible à certains antibiotiques et surtout à la famille des
Tétracyclines.
VII. Prophylaxie
a) Sanitaire : En cas d’apparition de la morve dans un élevage, les animaux malades sont
immédiatement isolés. Les animaux cliniquement sains sont testés à la malléinisation. Les
animaux malades ainsi que ceux qui réagissent positivement au test sont détruits.
b) Médicale : absence de vaccin car la bactérie est peu immunogène