La peste équine est une maladie infectieuse due à un Orbivirus transmis par des arthropodes
hématophages du genre Culicoides. Cette maladie saisonnière, se caractérise par une
évolution grave, le plus souvent mortelle, de troubles fébriles intenses associés à des atteintes
sévères des fonctions cardiaques et respiratoires.
I. Agent pathogène
C’est un Orbivirus appartenant à la famille des reoviridaes. Neuf séroptypes ont été décrits à
nos jours. Ils possèdent 10 segments constitués chacun d’un double brin d’ARN.
II. Epidémiologie
La peste équine est une endémie qui sévit dans les pays d’Afrique centrale, de l’Ouest et de
l’Est.
Animaux sensibles : les chevaux, ânes et les chiens.
Source de l’agent pathogène : les animaux malades
Transmission de l’agent pathogène : par piqure d’arthropodes hématophages : les
moucherons (culicoides imicola), les moustiques (Aedes, Culex et Anopheles), les stomoxis,
les Taons et les tiques (Hyalomma ou Rhipicephalus).
Saisonnalité : la peste équine sévit surtout entre la fin de la saison pluvieuse et la fin de
l’hivernage.
III. La pathogénie
Le virus équipestique, après son introduction dans l’organisme de l’animal se réplique
initialement dans les nœuds lymphatiques régionaux. Après la phase de réplication primaire,
la dissémination du virus se fait à travers tous les tissus par voie sanguine. Le virus est
fortement lié aux hématies.
Le virus se multiplie dans les cellules endothéliales qui constituent le site de réplication
secondaire. L’action (directe ou indirecte) du virus se traduit par une fragilisation
inflammatoire des parois des capillaires s’accompagnant d’une augmentation de la
perméabilité vasculaire avec une transsudation du plasma dans les tissus et les cavités de
l’organisme ; ce phénomène est particulièrement marqué au niveau du parenchyme
pulmonaire (œdème, jetage mousseux, asphyxie) et du cœur (défaillance cardiaque). La
virulence du pathogène est associée à des phénomènes trombocytopéniques, à l’augmentation
du temps de la coagulation (ou vitesse de sédimentation) et à la présence des produits de
dégradation de la fibrine. Ces mécanismes sont les conséquences de la lyse des cellules
endothéliales qui abouti à une coagulation intravasculaire disséminée.
IV. Les symptômes
La maladie est caractérisée par une évolution en générale, rapide, sous les formes suraigüe,
aigüe (pulmonaire) et subaigüe (cardiaque). Le taux de mortalité peut varier de 10 (forme
cardiaque) à 100% (forme pulmonaire) selon la virulence de la souche du virus. La durée
d’incubation varie de 3 à 10 jours (voir 15 jours).
IV.1 La forme suraigüe
C’est la plus grave et la plus dramatique. Elle débute par une ascension thermique rapide (41 à
42°C en 2 à 4 jours) associée à une tachycardie, à une congestion des muqueuses (et par fois à
des pétéchies) et une anorexie plus ou moins brutale. Une sudation diversement localisée
(naseaux, base des oreilles, face latérale de l’encolure, aine, anus, … La période d’incubation
de la forme suraiguë est de 3 à 4 jours. Chez les chevaux malades la fièvre atteint 41°C et peut
durer 1-3 jours. Pendant les premiers jours de la maladie, d’autres signes ne sont pas visibles.
Apparaissent la tachycardie, la contraction musculaire et l’abattement du cheval. La mort
survient après 5-7 jours de maladie.
IV.2 La forme aigüe
Au cours des deux à trois 1er jours de la maladie, le seul signe apparent est la brusque
hyperthermie. Les chevaux malades ont du mal à respirer et toussent. Beaucoup de liquide
mousseux blanc ou jaunâtre s’écoule des naseaux et de la bouche. Les muqueuses deviennent
congestionnées et les affections pulmonaires progressent rapidement et l’animal meurt.
L’auto-guérison est rare.
IV.3 La forme subaigüe
La période d’incubation dure 3-4 j. Cette forme est caractérisée par une fièvre de type
constant, qui dure 3-4 jours. Elle est caractérisée par l’apparition des œdèmes au niveau de la
tête qui évoluent lentement. L’œdème apparait aussi au niveau des salières, les yeux sont
larmoyants et les paupières mi-closes. L’œdème se propage jusqu’au poitrail, en passant par
l’encolure. Présence de dyspnée et de tachycardie. Les muqueuses visibles sont hyperhémiées.
Après quelques jours, les muqueuses commencent à saigner. Les gencives et la langue sont de
couleur rouge foncé ou cyanotiques.
L’animal guérit de la maladie sans intervention médicale. Dans certains cas, un mois après
l’accès initial, la maladie peut récidiver au cours de la convalescence. L’animal meurt au
cours du deuxième accès après 1-3 jours de maladie.
V. Lésions
Les poumons sont dilatés, blanchâtres ou partiellement congestionnés, infiltrés d’un liquide
jaune-clair. Les bronches, la trachée, le pharynx sont remplis de spumosités jaunâtres.
Il y a présence presque toujours d’un épanchement dans la plèvre et dans le péricarde. La
muqueuse de l’estomac comporte des hémorragies en plaque. L’intestin grêle est distendu
(plein de gaz) et sa muqueuse est congestionnée.
Photo1:liquidemousseux (sou Google) Photo2:congestiondesmuqueuses (sou Google)
VI.Diagnostic
Nécropsique : la PE a un tableau nécropsique de type septicémique à dominante respiratoire
et cardiaque (œdème pulmonaire, liquide séreux abondant dans les cavités pleurales et
péricardique, lésions hémorragiques dans la région fondique de l’estomac), hémorragies et
pétéchies viscérales.
Sérologique : tubes secs. De ces tubes le sérum est extrait. Les anticorps sont déjà présents
10-15 jours après infection.
Virologique : il se fait sur des échantillons de cœur, rate (adressés sous régime du froid + 4°C
ou - 80°C), des échantillons de sang récoltés dans de tubes avec anticoagulant (EDTA) :
inoculation aux cultures de cellules + PCR (détection du génome).
VII. Traitement
Il n’existe pas de traitement spécifique contre la peste équine. La thérapeutique préconisée
vise à soutenir les organismes des malades mais n’assure pas la destruction du virus. On fera
appel à des soins hygiéniques et à des médications symptomatiques :
• Mise au repos de l’animal à l’abri des variations climatiques ;
• Administration des produits tonicardiaques et diurétiques.
VIII. Prophylaxie
a) Sanitaire
Traiter régulièrement les chevaux contre les insectes hématophages. Exeple de produits contre
les insectes hématophages : le Butox en poudre ou en solution, l’ivermectin en pour on et le
Stoptic ou l’antiques. Isoler les chevaux malades et les suspects. Les mesures d’isolement
peuvent être levées 30 jours après la disparition de la maladie. Destruction des cadavres et du
fumier et désinfection des locaux à l’aide des désinfectants suivants : eau de javel et la chaux
vive.
b) Médicale
Il n’existe pas de vaccin contre la peste équine au Tchad.
Il existe un vaccin contre la peste équine qui confère aux animaux une immunité d’un an
(Virus Vaccin contre la peste équine fabriqué à Dakar).