Evaluer avec les IAG


A partir du moment où l’on accepte le fait que certains étudiants utiliseront des IAG pour produire des textes, résumer des informations ou organiser des idées, l’objectif peut alors ne pas être de « criminaliser » l’usage, mais de prévenir le contournement et de repenser l’évaluation pour qu’elle conserve sa valeur pédagogique.


Les IAG sont très utiles pour générer des textes finis, mais elles ne peuvent pas reproduire le cheminement intellectuel d’un étudiant. Comme on l’a vu juste avant, évaluer autant le processus que le résultat final incite l’étudiant à porter un regard réflexif sur ce qu’il fait, et demande un haut niveau de réflexion pour porter un regard critique et réfléchi sur sa méthodologie et son utilisation des IAG. Quelles informations ont été générées par l’IA ? Quelles modifications ou choix personnels ont été apportés ? Pourquoi avoir fait générer une certaine partie du contenu par IAG ? Qu’est-ce que l’IAG a apporté à sa réflexion, ou au contraire qu’est-ce qui l’a limité ?


L’idée ici est de créer des situations où la pensée de l’étudiant doit s’exprimer en contexte, et où l’IAG ne peut pas fournir de réponses « toutes faites » : cas pratiques ou études de scénarios, conduite de projet en conditions réelles, choix argumenté parmi plusieurs options, etc. En contextualisant les évaluations à des données « locales », c’est-à-dire qui ne sont pas accessibles à des IAG, on réduit leur utilisation à la simple mise en forme ou rédaction. S’il faut interviewer des professionnels, observer une situation en réel, créer et expérimenter un protocole, etc., l’IAG ne pourra être utilisée qu’à des des fins de « mise en forme », et la réflexion ou la mise en pratique de connaissances ne pourra dépendre que de l’étudiant seul.


Il est essentiel de définir clairement dans quels contextes les IAG peuvet être utilisées (organisation, brouillons, recherche documentaire) et ce qui doit rester personnel (analyse critique, justification, raisonnement). En formant les étudiants à l’usage critique des IAG (vérifier les sources, expliciter les choix, comparer les options, …), on s’assure alors que les étudiants vont pouvoir utiliser les IAG en tout connaissance de cause, et en sachant leurs limites et leurs atouts. L’objectif est de transformer l’IAG en outil pédagogique plutôt qu’en menace.

 

En résumé, l’évaluation s’adapte aux IAG dès lors qu’elle met l’accent sur :

  • la pensée située et contextualisée,
  • le processus et la progression,
  • la réflexion et la justification personnelle,
  • et la créativité ou personnalisation du travail.

L’IA n’est alors plus un facteur de triche, mais un outil que l’on peut intégrer dans un cadre pédagogique réfléchi.